Stress de Justice : violence, amoralité et blousons noirs

9 05 2008

En 1 semaine, la vidéo a été vue plus de 500 000 fois entre Youtube et Dailymotion. Les raisons de ce succès : « Un clip dans le vent, réalisé par des gens dans le vent, mis en musique par des jeunes dans le vent, sur un thème lui aussi dans le vent ». Violence, amoralité et blousons noirs sont les clés de ce succès.

Certains décrivent ce clip comme « Laid, agressif, stupide » (forum du zapping du web), ou encore comme une « vision clichée et fantasme de petits bourgeois qui n’ont jamais vécu en cité »  sur le mySpace du groupe ; alors que d’autres parlent d’un clip «  Exceptionnel de vérité » ( un internaute sur le forum de Libération.fr) en n’hésitent pas à ériger ce clip au rang d’œuvre d’art dans le rayon « détraqué » avec Orange Mécanique de Stanley Kubrick. Art, provocation, message politique, coup de pub, le clip déchaine les passions.

 

Or, toutes les analyses politiques, journalistiques ou même artistiques pourraient débattre des heures, selon moi l’objectif d’un tel clip est tout de même clair: faire parler de soi en balançant une bombe, pour au final VENDRE des disques ! (c’est quand même le nerf de la guerre). Et on remarque que cette technique marketing est très souvent utilisée.

cf Grand Teft Auto 4 = un voyou amoral super violent en blouson noir.

 

On dit souvent, « l’essentiel en marketing c’est de faire parler de soi, peu importe que ce soit en bien ou en mal ». Le problème ou plutôt la grande force du phénomène de Buzz, c’est qu’on en parle, forwarde et commente que ça nous plaise ou non : on en parle pour faire partager quand ça nous a plu mais on en parle aussi (voire surtout) pour dire que c’est scandaleux, choquant, etc… Il n’y a qu’à voir sur le mySpace de Justice, il y a autant de commentaires pour dire que l’on aime que de commentaires pour dire que l’on n’aime pas ce nouveau clip, ce qui ne fait qu’ accroitre le phénomène de buzz. De même, combien d’experts sont venus sur des plateaux télé parler du caractère amoral, violent et choquant de GTA4 ?

 

Tout ceci pousse à se demander si le buzz-polémique n’est pas plus efficace que le buzz-comique ou autres. Regarder par exemple les techniques de communication utiliser par certains politiques (je pense à Le Pen notamment) : créer de la polémique, choquer volontairement pour faire parler de soi.

 

Comment lutter ?

A ma connaissance, le seul moyen de lutter contre cette surenchère du buzz-choc est de boycotter (un mot très à la mode en ce moment avec les JO). Mais là encore, le fait même de dire que l’on boycotte, c’est parler des raisons pour lesquelles on boycotte et donc participer au buzz.

Conclusion, on est b***é.

 

 

Attention tout de même à l’effet boomerang : comme on dit: qui si frotte, si pique ! Quand on veut choquer et polémiquer, le risque d’être stigmatisé est grand, il faut donc à tout prix essayer de contrôler le buzz, cela passe notamment par de la veille.

 

Pour en revenir à ce clip, le but est clair : faire du buzz et j’ajouterais, re-positionner la “marque Justice”.  En effet, le succès énorme de D.A.N.C.E. a popularisé Justice  pour en faire un groupe electro pop pour ado, avec pour slogan « Justice pour tous » Or, à la base, Justice à un côté undergroung et mystérieux qui avait ces derniers temps tendance à disparaître. Le moins que l’on puisse dire c’est que « Stress » remet les choses à leur place, D’autant plus que le groupe et les producteurs du clip sont restés totalement silencieux, sans faire de commentaires ou fournir d’explications sur ce clip.

Les auteurs du clip : réalisé par Romain Gavras  membre du collectif Kourtrajmé (à qui l’on doit notamment le film Sheitan et les clips de TTC). Si vous voulez en savoir plus sur ce collectif : voir Justice, Stress, Romain Gavras, Kourtajmé, Kim Chapiron, Sheitan, La Caution, etc. 


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3 réponses vers “Stress de Justice : violence, amoralité et blousons noirs”

11 05 2008
kevin (13:46:50) :

C’est vrai que c’est un petit peu du raccolage mais je trouve que le clip est très réussi. Ya une petit air de “la haine”…

14 05 2008
aubert martine (09:30:21) :

il est pour moi complètement scandaleux de se faire de l’argent sur l’apologie de la violence!L’idée seule est répugnante. Trouver le clip réussi est pour moi inconcevable.

21 05 2008
Estéban (01:45:51) :

« Quand la fiction dérange la réalité »

En regardant, le clip je me disais “Enfin”!
Enfin un clip amène le “regardeur” (cf. M. Duchamp) ou observateur à s’interroger sur relation qu’il existe entre les personnes qui regardent le clip et qui trouve cela choquant, provoquant, écoeurant ou excitant… mais finalement n’est ce pas les images que nous diffuse certains médias régulièrement…

Cependant, l’intérêt est d’analyser les images et d’interroger l’interrelation entre la production d’image et les acteurs. A la 6ème seconde : l’objectif de la caméra se nettoie suivi d’un focus sur la bande : son spectacle commence… 33ème seconde : nous observons une personne, voisin de la scène qui s’adresse à la caméra… Comme si l’objectif de la caméra était pris en flagrant délit de voyeurisme… les zoom alternés d’images lointaines ne faisant qu’augmenté cet effet. Seulement, on s’aperçois rapidement 2ème minutes et 52 secondes que l’excitation est généré par ce qui permettra à ses jeunes garçons de se gargariser à savoir l’image. L’image et sa production sont donc des éléments à prendre en compte dans l’expression de la violence chez ses jeunes… Elle est sans rappeler un épisode récent: novembre 2005. L’influence des images diffuser sur le grand public et sur les jeunes acteurs de cette violence était tel que les médias hésitaient à diffuser…

Après cela nous pouvons tenir de grand discours sur la stigmatisation, l’immobilisme des passants… La conclusion ne se fait pas attendre pour sonner « Sa te fais kiffer de filmé ça, fils de pute ! » … Le pouvoir évocateur de ces images résonne en chaque individualité amnésique d’une réalité partagée…à la télé…

Estéban

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